“La construction, c’est pour faire tenir. L’architecture, c’est pour émouvoir.”
Le Corbusier
Dans son Manifeste pour une architecture émotionnelle, Mathias Goeritz écrivait en 1953 : «J’ai travaillé en totale liberté pour réaliser une œuvre dont la fonction serait l’émotion : il s’agit de redonner à l’architecture son statut d’art ».
Aujourd’hui, alors que les questionnements intenses de la société occidentale se focalisent autour de l’existence personnelle de chacun des humains, l’intérêt porté aux émotions revient en force. Le progrès de la société relève aussi de la prise en compte de l’ensemble de ces émotions, demeurées trop longtemps écartées des grandes décisions, notamment dans la construction de notre monde urbain.
Forts de ce constat, nous avons créé l’Association suisse pour l’architecture émotionnelle et organisons le premier colloque international d’architecture émotionnelle : un colloque académique réunissant dans son Comité scientifique des spécialistes européens à la pointe des recherches en sciences affectives d’une part et de l’architecture de l’autre.
Le but premier de ce colloque sera d’explorer et d’enrichir les liens entre les architectes, les constructeurs et les habitants – entre les bâtiments et leurs usagers – par une meilleure connaissance des affects générés par l’espace, son organisation, son agencement. Et de promouvoir, de ce fait, la qualité de l’expérience que les citoyens peuvent faire de l’espace, ainsi que des liens sociaux créés par les espaces urbains.
Les orateurs seront des spécialistes académiques des sciences affectives et de l’architecture, des praticiens, des chercheurs, qui s’exprimeront dans leurs domaines de compétences respectives, ainsi que des “médiateurs”, représentants interdisciplinaires de la sociologie, de la philosophie, de l’anthropologie, de la politique, qui, en contrepoint, auront pour rôle d’élargir le débat.
Les participants attendus au colloque sont plus particulièrement les architectes, les constructeurs, les spécialistes en sciences affectives (psychologie, littérature, neurosciences, …) intéressés par l’esthétique et par l’espace, ainsi que tous les étudiants, doctorants et chercheurs pour lesquels l’interdisciplinarité est la voie de l’avenir. Le colloque sera également ouvert à toute personne intéressée par ce thème.
Il s’agit d’un projet global comprenant
- un colloque international à Genève, en janvier 2011
- une publication préparatoire, à paraître en décembre 2010
- une publication des actes, à paraître en décembre 2011
- une ou plusieurs expositions collatérales d’art et d’architecture.
Institutions partenaires :
- Pôle de Recherche National en Sciences affectives – Université de Genève (CISA)
- Faculté d’architecture “La Cambre” – Horta, Bruxelles
Le Premier Colloque international d’architecture émotionnelle bénéficie du soutien du Conseiller d’Etat de la République et du canton de Genève, M. Mark Muller, chef du Département des constructions et des technologies de l’information.
Le Comité Scientifique
L’espace du kairos
Le nouvel ordre mondial dans lequel nous vivons est déterminée
par une accélération omniprésente de l’interaction entre les êtres
humains. Pourquoi alors l’Architecture devrait-elle ralentir? Est ce
que la « Slow Architecture » est seulement un luxe nostalgique
de gaspiller de l’argent par la perte de temps? Est-ce une attitude
conservatrice, une position réactionnaire ou un romantisme pur?
Ou est-ce dû à la réflexion sur la complexité de la durabilité?
Slow architecture vise à comprendre de près l’environnement
dans lequel nous vivons ainsi qu’à le conserver et à le régénérer.
Et cela en tenant compte des qualités esthétiques et éthiques de
la conception et de leur impact sur notre perception élémentaire/
corporelle/primordiale de l’espace. Le potentiel atmosphérique
de l’architecture est « positional ». Concernée par la dimension
d’une conscience atmosphérique, la « Slow Architecture » est une
recherche sincère du kairos de l’architecture.
Tim Kammasch