15e Biennale d’Architecture de Venise

Capture d’écran 2016-06-20 à 15.42.37Lire l’article à paraitre dans archiSTORM #79, en cliquant ici.

La (Jeune) Création aux Grands Voisins

Hommage à Jérémy Chabaud. Depuis des années il porte Jeune Création à bout de bras. L’association Jeune Création (jusqu’en 1999 Jeune Peinture) dont les origines remontent à 1948, se développe aujourd’hui sur plusieurs axes :
*L’organisation d’une exposition annuelle d’envergure regroupant une soixantaine d’artistes, reposant sur un appel à candidature international et dont la commission de sélection est composée, entre autres, d’artistes sélectionnés au cours des années antérieures ;
*Jeune Création anime une galerie permettant aux 10.000 artistes (oui 10.000…) ayant participé à l’aventure Jeune Création depuis 67 ans, d’approfondir leurs échanges ;
*Jeune Création développe aussi de nombreux hors les murs en partenariat avec des collectionneurs, des galeries, des institutions, des associations et des entreprises, permettent de favoriser les réseaux et les rebonds ;
*Jeune Création construit aussi un réseau de résidences en France et à l’étranger, participe à la vie artistique par l’organisation et la participation à des débats, envisage l’animation d’une artothèque et enfin s’engage depuis 2012 dans des actions de médiation et de solidarité dans l’éducation et vers des publics en difficultés.

Jérémy Chabaud (au premier plan) présente Jeune Création aux publics à l’arrière fond, Évelyne et Jacques Deret, qui soutiennent activement Jeune Création

Jérémy Chabaud (au premier plan) présente Jeune Création aux publics
à l’arrière fond, Évelyne et Jacques Deret, qui soutiennent activement Jeune Création

Jérémy Chabaud, 44 ans, raconte l’aventure, explique les projets, s’enthousiasme et rêve: l’utopie est en marche. Ecoutons-le : « De 2006 à 2012, le seul local de l’association, pour mener l’ensemble de ses activités, était à un petit espace de 35m2 dans le 18ème arrondissement de Paris, rue Villa Guelma puis rue Berthe. Les stocks, l’atelier de production de scénographie, les archives et les locaux administratifs se trouvaient dispersés sur d’autres villes en région parisienne, ce qui entrainait des déperditions de temps, d’énergie et de coûts. Cela empêchait aussi une compréhension et une visibilité de l’ensemble des activités de l’association auprès des publics et des partenaires en masquant son fonctionnement et ses besoins réels. Dès mon élection en décembre 2011 en tant que président de l’association Jeune Création, ma priorité a été de me rapprocher des acteurs institutionnels, associatifs et privés ayant une réflexion sur l’utilisation des bâtiments en friche, afin d’inclure Jeune Création dans une nouvelle manière de concevoir, répartir et faire vivre l’espace public et permettre des échanges entre populations différentes. La rencontre avec l’association Plateau Urbain  en 2012 a été déterminante. Après plusieurs discussions avec eux, fin 2014, l’évocation de l’hôpital Saint-Vincent de Paul est apparu comme une bonne opportunité pour regrouper dans un même lieu l’ensemble des locaux de Jeune Création. Associer Jeune Création au projet des Grands Voisins permettait d’inscrire l’association dans un dispositif original, rassemblant une centaine d’organisations, aux cœurs de métiers variés, et d’ainsi miser sur les rencontres, les émulations à la fois culturelles, sociales, solidaires et politiques que les circulations, dans cet éco-quartier partagé, encouragent. L’objectif pour Jeune Création sur ce nouveau lieu est de penser des locaux modulables, à l’image d’une fabrique non figée, permettant de faire cohabiter de manière successive ou concomitante, un plateau de production, une galerie, des réunions de travail, des workshop et des résidences, des conférences, des actions de solidarités et de formations, etc… À Saint Vincent de Paul, les 600 résidents accueillis par l’association Aurore et des structures diverses, nous obligent avec l’outil Jeune Création, de réfléchir à la manière d’encourager des perméabilités entre différents milieux et parcours de vie en créant des visites médiatisées et des partages de moments. Comment concevoir ensemble et se fixer quelques objectifs communs ? C’est un équilibre sur le fil : il est important de permettre à chacun d’être reconnu à une place qui puisse lui redonner confiance en l’existence et en la cohabitation entre humains. Les considérations esthétiques et artistiques se confrontent ici quotidiennement aux questions existentielles. L’aventure commence à peine et nous sommes très curieux de voir comment les interactions et mutualisations entre populations et structures pourront s’établir et prospérer dans l’intérêt de tous. »

Les artistes, eux, créent. Et rêvent, eux aussi. Sans distinction d’âge. La toute jeune Clara Citron  a investi un atelier, va partir en voyage, se questionne sur l’avenir. Pour 2017, elle a été sélectionnée pour la prochaine exposition (la deuxième) de Jeune Création chez Thaddaeus Ropac. Son travail de fin d’études s’intitule DE/SO/RD/RE. ORDI/NEED/ISOR/DINE n’est pas loin. Vive le désordre !

© Clara Citron

© Clara Citron

Alix Delmas, elle, travaille encore sur un projet qu’elle souhaite implanter aux Grands Voisins. Take me away…

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Jeune Création, pour jeunes et moins jeunes, parle aux Voisins, grands et moins grands.

Texte : Barbara Polla

Place Nelson Mandela, Abdul Rahman Katanani

L’exposition « Le Sens de la Peine » se termine le 28 mai. Mais son histoire continue : La Forêt d’Oliviers d’Abdul Rahman Katanani, que l’on a pu admirer pendant quatre mois sur la Place Nelson Mandela à Nanterre, dans la vitrine de l’Espace d’art de la Terrasse, va partir à Anglet, pour la Biennale « La Littorale 6 ».

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Le commissaire de la Biennale, Paul Ardenne, spécialiste de l’art dans l’espace public (voir, entre autres, Un Art contextuel) s’est mis à rêver, comme nous tous, devant cette oeuvre unique. Qui va, grâce aux mairies respectives des deux municipalités, Anglet et Nanterre, quitter la place au nom mythique pour se retrouver à l’intérieur même de la mairie d’Anglet, dans son patio, où elle prendra pour titre : Le Jardin d’Oliviers.

Quand l’art nous parle d’émotions aussi fortes que la paix, l’espoir, l’impuissance, la contrainte, l’envol, la souffrance, la blessure, le rêve, le corps et le coeur battant, de la vie, et ceci dans l’espace public, l’architecture elle-même prend une nouvelle dimension. Mathias Goeritz, dans son Manifeste pour une architecture émotionnelle, écrivait en 1953 : « J’ai travaillé en totale liberté pour réaliser une œuvre dont la fonction serait l’émotion : il s’agit de redonner à l’architecture son statut d’art. » Aujourd’hui que les questionnements intenses de la société occidentale se focalisent autour de l’existence personnelle des humains, l’intérêt porté aux émotions revient en force. Build on your emotion !IMG_1515

Parmi les questions que nous posions au début de cette aventure – Architecture émotionnelle – la plupart restent toujours d’actualité. Quelle architecture privilégier, et pour décliner ou susciter quelles émotions ? Pourquoi et comment explorer, gérer les émotions générées par l’architecture comprise comme forme organisée structurant notre espace de vie ? Peut-il y avoir une architecture qui ne soit pas émotionnelle ? La quête de l’émotion doit-elle ou non guider l’architecte au travail ? L’efficacité d’un bâtiment en termes d’accueil, de confort et d’agrément est-elle concevable sans que soit prise en compte la notion d’émotion ? Peut-on se sentir bien dans des paysages architecturaux neutres ? Trop d’émotion mise dans la conception architecturale en nie-t-elle l’efficacité ? L’architecture de nos villes doit-elle favoriser l’émotionnel à titre de plus-value ?FullSizeRender (7)

L’architecture traite d’abord avec nos corps pour les protéger, les malmener parfois. Parce qu’elle est avant tout affaire de vivant. Parce qu’elle est inconcevable sans une concrétisation qui engage un rapport étroit avec l’humain. La « poétique de l’espace » chère à Bachelard rejoint ici une poétique des corps, de leur vécu, de leur construction, en parallèle à la poétique du « construire » – Gaston Bachelard qui écrit dans La Poétique de l’espace que « l’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre. Il est vécu. Et il est vécu, non pas dans sa positivité, mais avec toutes les partialités de l’imagination. »

L’espace de la Terrasse, Place Nelson Mandela, fut vécu ainsi, grâce à La Forêt d’Oliviers d’Abdul Rahman Katanani, avec toutes les partialités de l’imagination.

Texte : Barbara Polla

Photographies : Paul Citron, Nicolas Etchenagucia, Anne Kerner

Nanterre la vie : architectures et émotions

Dimanche 15 mai, avec Sandrine Moreau, nous sillonnons Nanterre. Un premier regard sur la ville (92.000 habitants, 32.000 étudiants) du 35è étage de l’une des tours nuage d’Emile Aillaud.
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©Sandrine Moreau

Je suis émerveillée par cette ville que j’ai appris à aimer en travaillant à l’espace d’art de la Terrasse, sur l’esplanade d’où la grande arche de la Défense semble si proche, et qui surplombe, de sa vitrine, la place Nelson Mandela. Emerveillée par Nanterre, que je me plais à qualifier d’utopie en action, notamment pour l’engagement de ses élus pour l’art, les artistes, la culture. Et la présence de ces élus, sur le terrain, au marché du vieux Nanterre par exemple, qui, en ce dimanche matin, ressemble à tous les marchés dominicaux de l’hexagone, parfums d’herbes, fruits de saison, volailles de Normandie. Je pense en particulier à Zahra Boudjemaï, première adjointe au maire, responsable du Personnel communal et de la Culture, que l’on trouvait déjà, en 2010, en pleines émeutes, sur le terrain, essayant de comprendre et de juguler la violence des casseurs. Zahra Boudjemaï, présente aussi à l’espace d’art de la Terrasse pour accueillir les participants à la conférence ouverte sur le thème « art et prison » que j’eus le privilège d’y organiser, le 12 mai dernier. La violence encore : premier thème traité au cours de ce colloque, avec Frank Smith, Judith Depaule, Jhafis Quintero et Yvan Gombert, directeur adjoint de la Maison d’arrêt des Hauts de Seine (qui compte aujourd’hui plus de 1000 détenus pour quelques 500 places).

 

Je suis émerveillée par la diversité incroyable, par l’urbanité grouillante, gorgée d’histoire, par cette ville aussi vétuste qu’avant-gardiste, du bidonville du Petit Nanterre dont il reste encore des traces rue de la Garenne au jardin poétique au fond duquel habite toujours Jean Pottier, qui photographia ce bidonville dès 1956, en pleine guerre d’Algérie, et exposa ses photographies en 2013 au Musée de l’Immigration ; de la Ferme du Bonheur au Théâtre des Amandiers que dirigea longtemps Patrice Chéreau ; du chantier de l’esplanade qui continue sa progression vers la Seine jusqu’aux bords de celle-ci, entre nature et autoroute ; de la mosquée du Petit Nanterre aux vitraux de Sainte-Geneviève ; de l’Hôpital de Nanterre, Centre d’accueil et de soins hospitaliers qui inclut, aux côtés de soins de pointe, une maison de retraite d’un autre âge et des logements nocturnes pour SDF, pour ces « clochards » et « indigents de Paris » dont parle si bien Patrick Declerck dans Les Naufragés jusqu’au quartier des Groues en pleine mutation.
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Témoin de tous les possibles, aujourd’hui abandonnée, la formidable école d’architecture, ouverte, modulaire, conçue en 1972 par les architectes Jacques Kalisz et Roger Salem, désormais si bien engloutie par la végétation qui l’entoure qu’elle semble une Belle au bois dormant. Elle n’attend que le prince charmant qui bientôt, viendra lui redonner vie…
Promenade en image. Et moi qui ne prends presque jamais de photographie, laissant cet art aux photographes, voici que ce dimanche…

 

Images et texte, Barbara Polla

 

Plateau Urbain

Dans les années 1990, à l’époque où je travaillais comme Directeur de Recherches INSERM à la Faculté Cochin, l’hôpital Saint Vincent de Paul était notre voisin, faisait partie du groupe hospitalier, et cet hôpital quasi médiéval m’enchantait… Il ferma. Tristesse. L’association Aurore  y installe alors des logements pour personnes en situation précaire, sans logement, SDF. La qualité de l’engagement de l’association Aurore est reconnue depuis longtemps – elle existe depuis 1871 ! Mais voici qu’un partenariat d’un nouveau type se dessine, grâce à Plateau Urbain. Plateau Urbain ? Une brochette  impressionnante de jeunes urbanistes et autres experts de l’immobilier, présidée par Simon Laisney avec cette énergie à laquelle rien ne résiste : l’énergie du jeune entrepreneur porté à la fois par une vision sociale et par une connaissance du terrain dans lequel il s’aventure à jouer. Mais qu’offre le Plateau Urbain ? Son « USP » : « Résorber la vacance, servir la création ». Et de proposer aux promoteurs immobiliers et aux propriétaires institutionnels et privés, plutôt que de payer des sommes très importantes pour résorber les charges, le gardiennage, la sécurisation et le maintien en état d’un site inoccupé, d’accueillir des locataires qui paient les charges et les taxes. Abolis les coûts de gardiennage pour les uns, abolis ceux du loyer pour les autres : une vraie situation WIN-WIN – le type de situation qui garantit le succès.

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Pour les utopistes concrets du Plateau Urbain, ce type de mise en œuvre offre plus que des avantages financiers (ils sont d’ailleurs pour l’essentiel bénévoles) : il s’agit aussi et surtout de contractualiser une nouvelle mixité. Aurore est toujours sur place, s’occupant du logement de quelques 600 personnes en situation précaire, y compris de mineurs migrants isolés ; Plateau Urbain génère des candidatures d’artistes, d’artisans, de petites entreprises en développement, de structures à vocation culturelle. Mais pour les artistes, les artisans, les entrepreneurs en herbe, il ne s’agit pas seulement de profiter de locaux particulièrement avantageux : ils doivent aussi participer à la vie locale – et qui va donner des cours de français, qui réaliser chaque mois un court métrage sur le site et qui peut-être bientôt, organiser des expositions… Tout cela est géré par quatre amis qui travaillent à temps plein pour Plateau Urbain et une dizaine d’autres bénévoles engagés dans des tâches spécifiques. La vraie mixité – une mixité de proximité, d’échange, de joie – reste certes une utopie – mais à force de vouloir l’utopie elle finit, parfois, par exister dans le « vrai monde ».

Plateau Urbain, c’est aussi une manifestation parmi tant d’autres de ce que la France a de meilleur : une culture sociale forte, intelligente, philosophique et politique – mais agissant hors du champ de la politique. Parce que celui-ci, en revanche, est peut-être devenu ce que la France a de pire.

Prenez rendez-vous et allez voir ce qui se fait là, cela en vaut la peine.

Texte : Barbara Polla

Photographies : Nicolas Etchenagucia
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VIDE APPARENT – VIDE ARCHITECTURAL ?

L’excellent site culturel Roots&Routes publie aujourd’hui une série d’articles sur la notion du vide. Un vide qui n’est qu’apparent : il est plein de mots et d’idées. Barbara Polla & Chiara Bertini publient un article sur le vide apparent en Grèce – le vide d’argent remplacé par un plein de conscience (voir ci-dessous). L’ensemble du magazine consacre beaucoup de place à l’architecture… vide – et à la musique (John Cage). Lire en particulier Le vide comme capital public ; et La Città dei vuoti (en italien – quelle belle langue ! ).

Ainsi écrit Carmelo Baglivo : « Le vide est incomplet, prêt à accueillir des activités marginales et des populations cachées ; le vide et le lieu de la non appartenance, de l’abandon, au-delà des logiques de croissance ; il est le lieu de la résistance et de la transformation ; le vide est le lieu des relations… »

Il vuoto è lo scarto.

Il vuoto è incompleto, pronto ad accogliere attività marginali e popolazioni nascoste.

Il vuoto è il luogo della non appartenenza, semplicemente di nessuno, è il luogo dell’abbandono, fuori dalle logiche di crescita.

Il vuoto è un elemento riconoscibile, punto di riferimento, attorno a cui tutto si accumula, luogo da cui osservare le cose.

Il vuoto è fuori dal tempo, sottratto al controllo dell’uomo, vive il tempo della natura, della crescita spontanea e del disfacimento naturale.

Il vuoto è il luogo del tempo trascorso tra l’abbandono e il progetto.

Il vuoto è colonizzato e conquistato, luogo della violenza della trasformazione.

Il vuoto è il luogo della resistenza alla trasformazione.

Il vuoto è fuori dalla logica del consumo e dall’arroganza del presente.

Il vuoto è il contrario del troppo-pieno, in cui regna il mondo della ridondanza, dell’eccesso e dell’evidenza.

Il vuoto non è più l’assenza o la sottrazione ma è il luogo dell’attesa.

Il vuoto è un’interruzione momentanea d’uso.

Il vuoto è il luogo delle relazioni.

FANIS KAFANTARIS_SPELEO_2016

SPELEO Ex-ministère de l’éducation, rue Mitropoeos, au centre d’Athènes, près de la place Syntagma (la place de la Constitution). Après avoir été vide pendant des années, le bâtiment va devenir un hôtel… ©Fanis Kafantaris

 

Le vide apparent : le cas grec

Barbara Polla et Chiara Bertini

Le vide n’étant en principe rien… comment pourrait il, alors, être « apparent » ? Comment voir un vide, qui serait en réalité un plein, mais qui se cacherait derrière, ou à l’intérieur d’un vide ?

En réalité, le vide apparent, ici, vient contredire un plein qui, lui, n’est qu’illusion. Le vide apparent est un vide de « choses », de ces choses dont le capitalisme génère le désir, la création, la production et la « possession » – un désir et une possession vides, la plénitude en étant exclue, puisqu’elle empêcherait la perpétuation du système. Les récents événements politiques et économiques dont la Grèce a été le théâtre ont généré un tel vide de « choses ». Portefeuilles vides, caisses vides, armoires vides, besaces vides, valises vides : la Grèce est exsangue, vide d’argent, vide d’investissements, vide de capitaux et certains n’hésitent pas à dire qu’elle serait même vide d’avenir. Le poète, écrivain, homme de théâtre et artiste Dimitris Dimitriadis annonçait cette déréliction en 1978 déjà, dans un texte historique, magnifique et tragique intitulé Je meurs comme un pays. Une déréliction politique et morale, laissant la place à l’ennemi, lui offrant un vide apparent, en réalité plein de cris et de révolte.

Alors, la Grèce de ces premières années 2010 : vide évident ou vide apparent ? La Grèce antique, par la plume d’Aristote notamment, a réfuté le vide. « Le vide, quand on en admet l’existence, est quelque chose comme un espace privé de corps », écrit-il. Pour admettre l’existence du vide, il faudrait que l’espace soit aussi quelque chose de séparé des corps « et nous avons démontré antérieurement que cela n’est pas possible. » Descartes rejoint Aristote : selon Descartes, l’espace n’existe que là où se trouve déjà quelque chose. Ce n’est pas l’espace qui permet l’existence de l’objet mais, au contraire, l’existence de l’objet qui implique celle de l’espace. Il est donc absurde de parler d’espace vide ; dans le vide, il n’y aurait même pas d’espace. Décidément, le vide n’existe pas. Et les deux philosophes d’affirmer de concert que « la nature a horreur du vide ». Une affirmation que réfutera Pascal et d’autres après lui. 

Le vide philosophique n’a pas atteint la Grèce … 

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Architecture et amour: Aimer à perdre la Raison

Capture d’écran 2016-01-08 à 10.59.58Pour lire l’article paru dans archiSTORM 76, cliquer ici.