Paris, la ville heureuse, merci Renzo Piano

« A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, n’importe quel jour de l’année, toujours et encore, la place Beaubourg vit comme un théâtre. Si la ville heureuse de Renzo Piano signifie quelque chose, c’est là qu’elle s’est concrétisée, devant les tuyaux colorés du Centre Pompidou, avec ses escalators qui montent vers le ciel de Paris dans leurs tuyaux protecteurs, toute cette machinerie organique à l’intérieur de laquelle le monde entier vient découvrir l’art, à côté de l’atelier Brancusi où l’on peut rêver qu’il travaille encore, avec toute cette aura créative et résistante qui chaque jour redonne aux marchands, aux mendiants, aux errants, aux avaleurs de feu, aux musiciens, aux comédiens, aux sans domicile fixe, à ceux avec domicile trop fixe, aux chiens, aux autres, l’illusion heureuse d’être là où il faut être, dans le rayonnement de la beauté de cette ville plus éternelle encore que celle que l’on nomme ainsi, d’être les héros de leur propre histoire, sans regrets, sans remords, dans la joie et le sentiment de puissance aussi précieux qu’éphémère que nous donne notre présence dans la lumière des scènes du monde.

A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, n’importe quel jour de l’année, toujours et encore, la place Beaubourg vit comme un théâtre. Un théâtre de l’amour. De l’amour heureux, toujours. Les plus transis, les plus désespérés, les plus colériques, les plus mesquins, les plus solitaires, les plus abîmés, les plus violents, les plus déchirés, les plus solides, les plus gros, les plus laids, les plus malades, les plus dégradés, les plus sérieux, les plus abandonnés, tous trouvent là un moment de bonheur après avoir systématiquement déposé leur détresse de serait-ce que quelques instants d’émerveillement devant l’architecture bienfaisante de Renzo, ce corps organique en pleine élévation : « non pas un monument, mais une fête, un grand jouet urbain ». Merci Renzo. Piano, piano… pianissimo, écoutez les bruissements du vent sur la place et humez les effluves de la volonté affirmée de plaisir. »

Barbara Polla

Publié dans lesquotidiennes.com

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