Nanterre la vie : architectures et émotions

Dimanche 15 mai, avec Sandrine Moreau, nous sillonnons Nanterre. Un premier regard sur la ville (92.000 habitants, 32.000 étudiants) du 35è étage de l’une des tours nuage d’Emile Aillaud.
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©Sandrine Moreau

Je suis émerveillée par cette ville que j’ai appris à aimer en travaillant à l’espace d’art de la Terrasse, sur l’esplanade d’où la grande arche de la Défense semble si proche, et qui surplombe, de sa vitrine, la place Nelson Mandela. Emerveillée par Nanterre, que je me plais à qualifier d’utopie en action, notamment pour l’engagement de ses élus pour l’art, les artistes, la culture. Et la présence de ces élus, sur le terrain, au marché du vieux Nanterre par exemple, qui, en ce dimanche matin, ressemble à tous les marchés dominicaux de l’hexagone, parfums d’herbes, fruits de saison, volailles de Normandie. Je pense en particulier à Zahra Boudjemaï, première adjointe au maire, responsable du Personnel communal et de la Culture, que l’on trouvait déjà, en 2010, en pleines émeutes, sur le terrain, essayant de comprendre et de juguler la violence des casseurs. Zahra Boudjemaï, présente aussi à l’espace d’art de la Terrasse pour accueillir les participants à la conférence ouverte sur le thème « art et prison » que j’eus le privilège d’y organiser, le 12 mai dernier. La violence encore : premier thème traité au cours de ce colloque, avec Frank Smith, Judith Depaule, Jhafis Quintero et Yvan Gombert, directeur adjoint de la Maison d’arrêt des Hauts de Seine (qui compte aujourd’hui plus de 1000 détenus pour quelques 500 places).

 

Je suis émerveillée par la diversité incroyable, par l’urbanité grouillante, gorgée d’histoire, par cette ville aussi vétuste qu’avant-gardiste, du bidonville du Petit Nanterre dont il reste encore des traces rue de la Garenne au jardin poétique au fond duquel habite toujours Jean Pottier, qui photographia ce bidonville dès 1956, en pleine guerre d’Algérie, et exposa ses photographies en 2013 au Musée de l’Immigration ; de la Ferme du Bonheur au Théâtre des Amandiers que dirigea longtemps Patrice Chéreau ; du chantier de l’esplanade qui continue sa progression vers la Seine jusqu’aux bords de celle-ci, entre nature et autoroute ; de la mosquée du Petit Nanterre aux vitraux de Sainte-Geneviève ; de l’Hôpital de Nanterre, Centre d’accueil et de soins hospitaliers qui inclut, aux côtés de soins de pointe, une maison de retraite d’un autre âge et des logements nocturnes pour SDF, pour ces « clochards » et « indigents de Paris » dont parle si bien Patrick Declerck dans Les Naufragés jusqu’au quartier des Groues en pleine mutation.
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Témoin de tous les possibles, aujourd’hui abandonnée, la formidable école d’architecture, ouverte, modulaire, conçue en 1972 par les architectes Jacques Kalisz et Roger Salem, désormais si bien engloutie par la végétation qui l’entoure qu’elle semble une Belle au bois dormant. Elle n’attend que le prince charmant qui bientôt, viendra lui redonner vie…
Promenade en image. Et moi qui ne prends presque jamais de photographie, laissant cet art aux photographes, voici que ce dimanche…

 

Images et texte, Barbara Polla

 

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